Comment demander et analyser des soumissions pour l’inspection des façades

Jean-François Lavigne

Architecte OAQ PA LEED

Votre immeuble en copropriété possède cinq étages ou plus et il a été construit entre 1968 et 1988. Voici venu votre tour de faire inspecter vos façades pour être conforme au Chapître Bâtiment du Code de sécurité (Loi 122). Votre rapport de vérification doit être complété par un professionnel (architecte ou ingénieur) avant le 18 mars 2016.

Selon la loi, l’examen de vos façades doit donc être effectué au plus tôt le 18 septembre 2015, pour que votre rapport de vérification soit considéré valide par la Régie du bâtiment du Québec (RBQ). En excluant la saison hivernale, il faudra donc que votre immeuble soit inspecté cet été ou l’automne prochain. Le temps presse!

Mais comment demander et comparer différentes soumissions, parfois avec des honoraires très variables, pour l’inspection de vos façades? Cet article passe en revue les facteurs qui influencent le mandat d’inspection, ses coûts en honoraires et la qualité de l’information technique qui sera recueillie.

Figure 1 Une géométrie de bâtiment simple se prête plus facilement à l’inspection des façades.

Impact de la géométrie

Tout d’abord, la géométrie de votre bâtiment aura un impact substantiel sur le temps requis et le choix des techniques pour l’inspection des façades. Un immeuble possédant des murs rectilignes sans saillies ni retraits dans le plan de la façade sera plus rapidement inspecté, ce qui aura un impact positif sur le montant des honoraires professionnels.

Figure 2 Une géométrie de bâtiment complexe augmente le temps d’inspection des façades.

Impact de la technique d’inspection

Comme le mentionne le Guide explicatif de la RBQ, « une simple vérification visuelle des façades est insuffisante, voire impossible pour un bâtiment possédant cinq étages ou plus ».

Les principales techniques d’inspection sont l’utilisation de plateformes volantes ou de nacelles motorisées (ou d’une combinaison des deux). L’usage de drones, d’hommesaraignées ou de photographies hautes définition prises à partir d’un immeuble voisin ont à mon avis un usage préliminaire et ne répondent pas entièrement à l’exigence d’inspection détaillée de la RBQ.

Il est donc primordial de comparer des soumissions qui vous procurent un rapport de vérification détaillé, façade par façade, niveau par niveau. Il faut donc dès le départ demander au professionnel qui soumissionne sur votre inspection de préciser les techniques qui seront utilisées.

Les frais de location d’équipement, de clôtures temporaires, de mobilisation et démobilisation des plateformes, les exigences en matière de sécurité des échafaudages de la CSST, sont en effet dans certains cas plus élevés que le montant des honoraires professionnels. Vous pouvez demander leur coût relatif.
Figure 3 Certains désordres ne peuvent être décelés que lors d’une vérification rapprochée du plan de façade.

Figure 3 Certains désordres ne peuvent être décelés que lors d’une vérification rapprochée du plan de façade.

La RBQ recommande d’effectuer des percées exploratoires sur chaque façade « même si elle ne présente pas de signes de faiblesse apparents ». Cette opération a pour but de déceler toute condition dangereuse. Une condition dangereuse doit être signalée dans les 30 jours à la RBQ avec un plan d’intervention des travaux correctifs. Un périmètre de sécurité doit aussi être mis en place.

Figure 4 Les percées exploratoires permettent de préciser les mesures préventives et de découvrir les conditions dangereuses

Importance de la qualité de l’information recueillie

N’oublions pas que selon la Loi 122, l’inspection des façades s’inscrit dans un processus qui doit être renouvelé aux cinq ans et qui constitue la base de votre carnet d’entretien préventif.

La première inspection est donc très importante pour assurer la qualité du suivi des réparations suite à l’identification des dégradations à l’enveloppe de votre bâtiment. Nous vous suggérons fortement de vérifier la compétence spécifique de l’expert en enveloppe du bâtiment et s’il sera lui-même présent lors de l’inspection.

Demandez-lui de vous montrer des exemples de rapports détaillés et de vous en expliquer la méthodologie. Un rapport trop sommaire, ne comportant pas la localisation précise des zones à risque, rapporté sur des dessins de façade, risque d’être inutilisable dans quelques années.
Si vous possédez les dessins de votre bâtiment, il est essentiel de le préciser aux soumissionnaires, qui économiseront leur temps et donc votre argent lors de la rédaction du rapport de conformité. Prochaines échéances Si votre immeuble a été construit entre 1988 et 1998, votre rapport de vérification doit être complété avant le 18 mars 2017 (Inspection au plus tôt le 18 septembre 2016).

Si votre immeuble a été construit entre 1998 et 2003, votre rapport de vérification doit être complété avant le 18 mars 2018. (Inspection au plus tôt le 18 septembre 2017).

Si votre immeuble a été construit après 2003, votre rapport de vérification doit être complété avant le 18 mars de la dixième année suivante. (Inspection au plus tôt le 18 septembre de l’année précédant la date limite pour le dépôt du rapport).

Bonne inspection !

Lecture conseillée

www.rbq.qc.ca « Guide explicatif des exigences d’entretien des façades »
© 2015 Zaraté+Lavigne Architectes Inc.